Romans Adultes
Jean Teulé .- Le magasin des suicides

Un livre loufoque avec des personnages impensables. Imaginez-vous vivre dans un monde noir où la seule solution à vos problèmes est le suicide. Voilà un magasin qui vous propose une multitude de possibilités d’en finir avec cette existence minable. De la pendaison à l’empoisonnement, en passant par le tir d’une balle en pleine tête, toute une panoplie de matériel est mise à la disposition de cette clientèle qui ne vient qu’une seule fois dans ce magasin. Le pessimisme et la tristesse sont de rigueur dans cette famille, propriétaire de ce magasin très particulier. Cependant, un intrus fait son apparition dans ce milieu sordide : la joie de vivre. Que va-t-il se passer ? Qui sortira vainqueur de cette confrontation ?
Tatiana Arpel.- L’Attente du soir

L’attente du soir, c’est probablement l’attente d’un autre monde qui s’éveillera à la tombée du jour : de nouvelles lumières se mettront à ruisseler ; un cirque va dégrafer sa porte de toile, pour accueillir les rires, les rêves la parfums, les musiques de la fête. Dans ce roman polyphonique, trois voix se croisent et se superposent : celles de trois êtres fêlés, qui vivent en marge de la vie : un clown lumineux qui ne sait du monde que les roulottes, les chemins de poussière et les chapiteaux raccommodés, s’éteint doucement ; une femme incolore circule dans la vie comme un pantin désarticulé ; un enfant sauvage tente se survivre sur un tas d’ordures. Telles les pièces d’un puzzle, ces trois vies oubliées vont se frôler, peut-être même s’emboîter ; et dans cette étrange cacophonie, les dissonances vont tenter de s’harmoniser.
Un livre d’amour, de tolérance, de générosité, servi par une écriture lumineuse, sensible, poétique. Un roman présenté dans un écrin délicat : une jaquette aux couleurs délavées, qui reproduit une peinture de Marc Chagall. Un premier roman auquel on souhaite un bel avenir !
Maud Lethielleux .- D’où je suis, je vois la lune

L’écriture de Maud Lethielleux a la fraîcheur des bonbons acidulés, la saveur de l’adolescence, et l’éclat de la liberté ; ses mots ramassés dans la rue, trempent dans un mélange de vent glacial, de musique électronique, d’inconfort et de poésie. Moon, une adolescente au prénom de lune, a choisi de vivre dans la rue, en vendant aux passants des sourires, doux comme la poussière d’étoile ! Pourtant, la vie sur le trottoir n’est pas toujours très lumineuse : passent des « képons » migrateurs, des échappés de prison, des dealers, des types bizarres « à la tronche de cake », des couples cabossés, des poètes en détresse… Moon a la tendresse au bord du cœur, mais ses mots, depuis bien longtemps, se sont engourdis au bout des doigts ; elle choisit cependant de reprendre la plume, comme hier, lorsqu’elle allait à l’école : se déroule alors entre bastons et guirlandes de Noël, entre abris en carton et hall de librairies, le ‘journal’ de ses journées de bitume. Qui sait ? Ces mots résonneront peut-être un jour quelque part ? Un roman douloureux mais pétillant de jeunesse, qui s’il sait crier très fort, ne frôle pas le désenchantement !
Jacques A. Bertrand - Les Autres, c’est rien que des sales types

Découvrez le nouveau dictionnaire des expressions les plus usitées. Vous cherchez la définition du « MALADE » ? du « CON » ? Ou bien d’autres encore ? Vous la trouverez dans ce petit recueil délicieux. Si, dans la vie quotidienne, l’utilisation des termes répertoriés est très souvent rattachée à une connotation négative, dans cet ouvrage, ces termes deviennent amusants et font découvrir une certaine dérision. Ce livre vous offre un pur moment de détente.
Didier DECOIN - Est-ce ainsi que les femmes meurent ?

Un homicide à New York. En pleine nuit, une jeune femme se fait froidement assassinée. Cet ouvrage ne traite pas seulement de l’assassin et de la victime. Mais de la responsabilité des témoins, de la peur, du voyeurisme, de la lâcheté. Un cas qui à fait jurisprudence et qui a été à l’origine du tristement célèbre 911.
Eric HOLDER - Bella Ciao

Ayant sombré progressivement dans l’alcool, un écrivain de talent se voit arriver au bout du chemin. Il se sépare de sa femme avant de perdre définitivement son amour et, sans quitter ses habitudes éthyliques, prend le premier travail qui se présente. Avec Franck qui lui donne sa chance comme ouvrier agricole, il apprend la force du travail physique, la vigne, le retour à l’essentiel. Au détour d’un chemin , il retrouve Myléna qui lui paraît aussi belle que le jour où il l’a épousée et dès lors se raccroche à l’espoir de la reconquérir … Eric Holder nous offre ici un court récit parfaitement ciselé sur la reconstruction laborieuse d’un être à la dérive. Le réalisme de la situation n’ôte rien à la poésie du verbe. Chaque mot, chaque expression est à sa place, réfléchie, posée tout en retenue et pourtant profondément évocatrice . Un vrai travail d’orfèvre…
Henning Mankell - Les Chaussures italiennes

Les héros des romans d’Henning Mankell sont souvent taciturnes, distants et solitaires, maladroits en amour… Si dans ce nouveau roman, l’auteur a troqué le polar pour un roman psychologique, son héros ressemble fort au précédent commissaire Wallandier. Pourtant ici, le héros s’appelle Fredrik Welin. C’est un ex-chirurgien, reclus dans un bout du monde glacé et quasi inhabité. Il y a une dizaine d’années, il a commis une erreur médicale irréparable. Alors, pour soulager sa conscience ou oublier peut-être, il a quitté la ville, l’hôpital, les autres, et s’est exilé là, loin de tout, avec pour seuls compagnons un chien et un chat, tous deux vieillissants et malades : l’un quasi sourd, l’autre presque aveugle. Quant à sa vie, elle semble avoir été taillée au scalpel, et se répète invariablement, scandée par les habitudes, les silences, les humeurs du climat. Arrive soudain, comme débarquée du ciel, Harriet, son amour de jeunesse, qu’il a quittée voilà bientôt quarante ans, comme ça, sans raison apparente. Harriet est malade ; et là, au terme de sa vie, elle aimerait connaître les paysages qui ont modelé l’enfance de Fredrik, et qui la faisaient rêver… La vie figée de Fredrik se dégèle soudain ; d’autres femmes, surgissant de nulle part, percent à leur tour cette carapace dans laquelle il s’était enfermé. Des éclats de sensibilité se mettent à clignoter, un peu comme la lumière qui se réfracte dans la neige. Les mots sont ciselés, tout comme le décor, des mots pour dire que la dérobade n’affranchit pas l’erreur, et que les rencontres sont souvent plus apaisantes que la solitude !
Jean Teulé - Mangez-le si vous voulez !

Histoire terrible de gens transformés en bêtes, qui se laissent entraîner dans un tourbillon d’horreurs, un effet de meute. Enchaînement implacable de violence, de tortures, de barbarie… jusqu’à l’achèvement cannibale d’un enfant du pays. Mais qui sont les coupables pour éprouver tant de haine ? Et pour quelle raison ? Un drame à découvrir ou à relire (tiré de faits réels). Livre qui vous remue et vous interroge.
William Trevor - Très mauvaises nouvelles

Dans ces dix nouvelles, William Trevor nous invite à côtoyer des personnages tout ce qu’il y a de plus banal, de « braves gens » qui pourraient être nos voisins, nos amis, notre famille … Tous ont en commun d’évoluer dans le monde rassurant des habitudes, de rechercher la quiétude au sein d’une relation amicale, familiale ou amoureuse… Mais, petit à petit, l’auteur resserre les liens autour d’eux, les prend au piège de leurs mesquineries, de leurs faiblesses, de leur folie parfois. Il va accrocher les petits détails qui font que ces petits bonheurs tranquilles ne sont qu’apparence. En cela, il n’épargne personne et certainement pas le lecteur qui le suit dans les bas-fonds du quotidien, qui en devient voyeur à moins qu’il ne soit lui-même l’objet du récit …
Delphine de Vigan - Les heures souterraines

Dans la ville souterraine, les hommes courent au son d’un accordéon qui grince, des sirènes qui explosent, des locomotives qui crissent sur les rails ou des voix aiguës qui annoncent au micro les horaires retardés, les accidents, les interruptions du trafic. Les gens piétinent, se bousculent, gémissent, s’insultent. L’air y est nauséeux, saturé d’indifférence et de misères. La ville souterraine grouille de vies asphyxiées, d’âmes errantes. Les heures s’y étirent et se ressemblent : désenchantées, hurlantes ou silencieuses. Dans la ville grouillante d’avenues, de lumière du jour, de voitures impatientes, de fracas et de murmures, de poubelles éventrées, de bureaux de travail empilés dans les immeubles, l’air peut sembler plus respirable ! Pourtant, le bonheur y est éphémère et insidieusement les vies peuvent basculer : alors la ferveur d’hier s’effiloche et la vie sombre dans l’agonie. Mathilde se réalisait dans une carrière professionnelle dynamique et brillante ; Thibault organisait avec application son métier de médecin et sa vie amoureuse. Entre grimaces imperceptibles et non-dits, entre harcèlement et mesquineries, la vie de Mathilde, celle de Thibault, soudain ont dégringolé. Deux destins parallèles peuvent-ils se croiser en entrant dans la nuit ? Une écriture sobre, juste, pour dire simplement les mensonges et la fragilité de l’existence, la violence du silence qui finit par épuiser les vies jusqu’à les rendre invisibles.
Antoine Volodine - Macau

Trois ans après le superbe et onirique « Songes de Mevlido », Antoine Volodine revient avec un récit plus court, plus « réaliste », à tel point d’ailleurs qu’on se demande si l’écrivain cancéreux aux « personnages de loosers », amoureux de Macau et qui revient y mourir, n’est pas l’auteur lui-même… Court et resserré, le texte s’ouvre directement sur la mise à mort prévue du narrateur, ligoté à fond de cale par des mafieux chinois ; narrateur qui pendant les quelques minutes qui précéderont son exécution, se remémorera ses errances dans le port intérieur, dans les ruelles, les temples les taudis, les asiles – ainsi que ses rencontres avec Gloria, amante folle et camarade d’anciennes luttes politiques, qui seront pour Volodine l’occasion de lier un récit très réaliste encore une fois, à toute sa mythologie « post-exotique » mêlant chamanisme extrême-oriental, héritage surréaliste et mythes politiques du 20ème siècle. Mais « Macau » est avant tout le portrait d’une ville dont la déréliction reflète celle de son visiteur.
"A force de ne vouloir voir que les restes, ton territoire se rétrécit, et un jour tu te rends compte que tu ne te promènes plus que dans les allées horribles qui séparent les arrières des petits immeubles du port intérieur. Tu ne vas plus dans les ruelles, ou plutôt tu les parcours comme un simple début prometteur de chemin, jusqu’au moment où tu peux t’enfoncer entre les murs, dans des canyons répugnants, surchargés de climatiseurs rouillés, de tuyaux infâmes et de déchets. [...] Tu es à présent une forme animale qui marche sans but dans un paysage de couloirs sales. [...] Tu avances lentement entre deux parois rapprochées, verdies ici et là par des reliquats de peinture ou de moisissure, et à mi-hauteur comme enduites d’une crasse graisseuse. Les fenêtres sont inexistantes, ou alors il s’agit d’anciennes fenêtres, grillagées, condamnées, n’ouvrant sur aucun espace habitable, fermées de briques sales, ou ouvrant sur des taudis improbables que protègent une deuxième couche, une troisième couche de grillage. Des mondes noirs. "
Documentaires Adultes
Slavomir Rawicz .- A marche forcée
Le récit hors du commun de ce Polonais force l’admiration.
En effet, après avoir échappé à une exécution, Slavomir Rawicz est déporté avec près de quatre mille autres personnes au fond de la Sibérie durant l’hiver 40-41. Combatif, volontaire et obstiné, ce jeune homme réussit à s’évader de ce camp russe, situé près du Cercle polaire, en compagnie de quelques camarades. Ensemble, ils entreprennent une longue, très longue marche à travers plusieurs pays, marche rude et difficile afin de franchir déserts et montagnes, autant d’obstacles, de difficultés et d’épreuves à surmonter. Ne jamais baisser les bras, ne pas désespérer, ne pas s’avouer vaincu, ne pas se laisser rattraper par la lassitude ou la faiblesse, tant de sacrifices et de souffrances à surmonter pour atteindre le but : la liberté. Cette difficile conquête aura duré 2 ans. Mais ils y sont arrivés, Slavomir Rawics et quatre rescapés ont survécu. Il est certain que cette longue route laissera bien des traces dans la vie des cinq personnes, des cicatrices douloureuses mais également des liens d’amitié très forts.
Sophie Delaborde - Un Dimanche de Pâques

L’hiver est bien long et rude cette année. Afin de vous faire patienter et de vous occuper agréablement, l’ouvrage « Un dimanche de Pâques » vous suggère de préparer l’arrivée du printemps et des fêtes de Pâques. Dans ce livre, vous trouverez de magnifiques idées pleines de couleurs et de gaieté. De la broderie à la couture, en passant par du collage et du cartonnage, laissez vagabonder votre imagination et créez, agrémentez, composez comme bon vous semble, mélangez petits lapins, fleurs, poules, oiseaux…. Arrivés les beaux jours, vous pourrez changer votre décoration, offrir un petit cadeau, égayer votre intérieur. Un moment de détente et de créativité.
Documentaires Jeunesse
Michel PIQUEMAL - Tout savoir sur le sexe sans tabous ni complexes

Public pré-ado et ado... et adultes
Très bien documenté, parle aussi bien de choses basiques telles que le baiser, que de choses plus graves comme la pédophilie.
Ce n’est pas un ouvrage voyeuriste, mais informatif à bien des points de vues !
Albums Jeunesse
Heather Henson et David Small .- La Dame des livres

Dans une ferme modeste du Kentuky, vivent avec leurs parents, Cal jeune garçon travailleur et sa sœur, Lark dévoreuse de livres. Un jour arrive une étrange dame à cheval, des livres plein sa sacoche ! … Cet ouvrage est un hommage à des femmes exceptionnelles, les « Park house librarians ». Ces bibliothécaires itinérantes sillonnaient par tous les temps, les monts Appalaches pendant les années 30, pour apporter l’amour des livres aux populations pauvres et reculées. Le graphisme est réaliste, tout en couleurs tendres. Le texte s’adresse aux apprentis lecteurs et leur raconte une belle histoire de partage.
Martin Baltscheit et Ronan Badel .- Il était une fois deux oies dans une maison en feu

Un conte animalier tordant et mordant à souhait, sur la sagesse, l’humilité et la nécessité de savoir accepter l’aide d’autrui. Le feu se déclare dans la cuisine de deux oies très très bêtes qui se cuisinent des œufs aux plat. Que faire ? Appeler au secours ? mais qui ? Pendant qu’Emma et Anna passent en revue tous les animaux du voisinage en qui elles n’ont aucune confiance, le feu gagne toute la maison. La Chute est inattendue et amusante. Une histoire avec du rythme et de l’humour à raconter sans attendre !
Martin BALTSCHEIT - L’histoire du lion qui ne savait pas écrire

A partir de 5 ans Une très belle histoire qui montre pourquoi savoir lire est un trésor.
Rosemary WELLS - Yoko

A partir de 5 ans La découverte de la tolérance et la diversité des cultures par le biais d’un goûter scolaire original.
M. Christina Butler et Tina Macnaughton - La Surprise du Hérisson

A partir de 3 ans La petite maison qui devait protéger le petit hérisson du froid et de l’hiver a été détruite par un vent violent. Petit hérisson se protège comme il peut avec ses bonnet, écharpe et moufles. Touchez comme ils sont douillets ! Malgré son malheur, petit hérisson n’hésite pas à venir en aide à ses amis. Il leur distribue ses vêtements chauds. Ses amis lui sont reconnaissants et lui préparent, pour le remercier de sa gentillesse, une très jolie surprise, aussi douillette que ses moufles, écharpe et bonnet. Amitié, partage, reconnaissance, chaleur, tout est réuni dans cette petite histoire si douce, à lire... Et à toucher...
Thierry Laval - Le curieux voyage d’un drôle de bus dans le monde fabuleux

Dans la ville qui se réveille doucement, le bus arrive et marque son premier arrêt. Les passagers prévoyants sont déjà là, qui prennent place ; d’autres accourent ; d’autres encore observent de loin et bavardent. Le bus poursuit sa course et se remplit très vite. Et puis tout semble s’agiter, se désordonner : la vie s’anime, la route cascade entre vagues et montagnes et les paysages défilent, de plus en plus étranges et inquiétants. Certains passagers s’enfuient ; d’autres s’étonnent, curieux. A la nuit tombée, la route du bus s’arrête : l’heure est désormais au sommeil et peut-être au rêve ! Au cours de ce voyage insolite, pittoresque, coloré, tout pétillant de détails, le petit lecteur peut lui aussi et à sa guise, grimper dans l’autobus, le quitter et découvrir, blottis sous des trappes secrètes, d’autres paysages, d’autres personnages encore plus malicieux et plus rigolos. Un album merveilleux qui se lit un peu dans tous les sens, et qui brille de magie, de drôlerie et de fantaisie.
Romans Jeunesse
Vincent Cuvellier .- Petit Barbare

Baman est un petit Hun de 12 ans, qui vit à l’époque des grandes invasions et de la fin de l’Empire romain. Lui et sa grand-mère sont chassés car selon les hommes de sa tribu, son père aurait fuit le combat, attitude déshonorante. La vieille femme, qui est un peu sorcière, l’encourage à aller voler à la tribu voisine une bague symbole de pouvoir. Baman, bien conscient du danger d’une telle mission, va cependant aller affronter l’ennemi... Il ne faut pas chercher dans ce court roman une véritable reconstitution historique de l’époque. Certaines expressions ou comportements sont volontairement anachroniques, cela ajoute une touche d’humour fort agréable.
Walter Moers .- Le Maître des Chrecques : Un conte culinaire zamonien de Gofid Letterkel nouvellement raconté par Hildegunst de Taillemythes

Attention, Objet Littéraire Non Identifié ! Echo est un mistgriffe, c’est-à-dire une espèce rare de chat à deux foies qui parle toutes les langues et se souvient de tout ce qu’on lui dit. Hélas, Echo est aussi un félin sans domicile fixe depuis la mort de sa maîtresse et ses nombreux talents ne suffisent pas à lui remplir l’estomac. C’est alors que l’épouvantable Eisspin, redoutable et redouté maître des Chrecques de la triste ville de Sledwaya, se mêle de changer le destin du mistgriffe : au lieu de mourir de faim dans la rue, Echo se voit offrir mets succulents, coussin moelleux, enseignement mystique, aventures et poêle de faïence, bref, tout ce dont un chat peut rêver ; le tout jusqu’à la prochaine lune des Chrecques, en échange de la graisse qu’il ne manquera pas d’acquérir pendant ces quelques temps de pension complète. Une fois scellé le pacte qui lui garantit le paradis pour quelques mois, Echo n’aura de cesse de trouver un moyen de ne pas respecter sa part du marché et de sortir vivant de ce guêpier, en ne perdant bien sûr pas une occasion d’élargir son tour de taille... Troisième livre de Walter Moers traduit en français, Le Maître des Chrecques n’est pas sans évoquer La Damnation de Faust (oui, carrément !). On ne se lasse pas d’explorer les us et coutumes de l’univers créé par Walter Moers et on retrouve avec plaisir une faune dont la diversité et la fantaisie ne sont plus à vanter… tout en découvrant le versant culinaire de la culture zamonienne, qui est sans doute le plus inattendu.
Claire Gratias - L’Incroyable voyage de Simon

C’est l’aventure incroyable d’un petit écolier au nom de Simon qui ressemble à juste titre à tant d’autres enfants. En effet, Simon n’en peut plus de son lourd sac qu’il traîne comme un fardeau. Ce sac à simplement stoppé sa croissance .
« A l’âge de six ans, Simon s’est arrêté de grandir… A vrai dire Simon savait pertinemment quand et pourquoi cela s’était produit. Tout partait du jour où l’on avait commencé à remplir son sac… La personne chargée de remplir le sac des enfants, c’était le maître d’école » et Simon en avait « marre » de ne rien comprendre, « de passer pour un crétin. »
Alors, un matin, sur le chemin de l’école, il décide de s’en séparer « c’est alors qu’il fit une chose inouïe…absolument défendue : il libéra son dos du sac ! »
« complément d’objet direct ! Ah !
« proposition subordonnée ! A poil !
« Adjectifs possessifs ! Attributs du sujet ! Mes fesses…. »
C’est ainsi que commence pour lui une aventure extraordinaire, fabuleuse et magique. L’auteur, Claire Gratias, dans un style très simple mais d’une richesse imaginative exceptionnelle, va faire voyager Simon….
Simon va traverser peu à peu « le jardin des poètes et rencontrer Rimbaud, Prévert, Desnos, l’île des langues tordues, le village des métaphores, le bassin de la langue des passés, rencontrer le grand Fèvre…. Dans ce voyage initiatique, il fera la connaissance de précieux amis avec lesquels il va décoder, dompter et apprivoiser ses difficultés en grammaire, orthographe et conjugaison. Peu à peu, l’instruction de ses maîtres va opérer comme par magie, telle une révélation les difficultés de Simon vont s’effacer tout en douceur, son esprit va s’ouvrir, son petit corps chétif et courbé sous le poids de tant de douleurs va lentement se redresser et mûrir. Simon va lentement devenir le « Porteur de mots … Il racontait des histoires extraordinaires, inventait des vers, jonglait avec les phrases et ne manquait jamais l’occasion de faire un bon mot… »
Tout au long de cette œuvre Claire Gratias va « matérialiser » la langue que Simon a tant de mal a s’approprier en utilisant des jeux de mots et des métaphores surprenantes et tellement justes ; ainsi la grammaire devient la contrée des grand’mères, l’île des langues tordues est habitée par des gens dont la langue est coupée, déformée. Le forgeron forge les mots et les accroche dans la forêt… et tant d’autres régals.
Un livre original qui permet de porter un regard différent sur les difficultés de la langue française.
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